ÉTUDES NAPOLITAINES

di Gérard Labrot (1936-2018)

L'aristocratie, affirme Scipione Ammirato, doit «contar molti gradi, o come dir si debba, molte generazioni, over molte età». Dès lors, tout portrait préserve une génération, cristallise un fragment de durée, et l'effigie de l'ultime porteur du titre, espérance bien vivante d'un futur, garantie de continuité, doit donc monter la garde au palais ou au château. Mais elle ne saurait l'y monter seule. La démonstration de l'impeccable pérennité familiale, fondée sur un interminable déroulement chronologique d'êtres titrés, impose un prolongement incessant et spectaculaire de la chaîne, la construction attentive d'une véritable série de portraits: un instant après sa disparition, le porteur du titre défunt rejoint ses prédécesseurs, simple dalle sur la route tracée, alors que le nouveau chef de famille sort de l'ombre pour allonger la voie. En 1681, au château de Capracotta, Andrea Capece-Piscicelli veille sur «6 antenati di casa, 4 con personaggi interi, 2 con personaggi di mezzo busto». Douze ans plus tard, son fils Giuseppe est entouré de «7 quadri di antenati, 5 interi e 2 di mezzo busto». A ce jeu, orgueil et sécurité s'exaltent dans la longueur triomphante de la lignée: vingt-trois Spinelli di Fuscaldo à Naples, quarante-cinq Gaetani di Laurenzana au château de Piedimonte d'Alife, vingt-huit Tocco d'Acaia en la demeure napolitaine, cinquante-deux Caracciolo di Villa dans le château du bourg homonyme. Plus précis, les Castromediano, grands feudataires salentins, recensent fièrement, en leur château de Cavallino, l'impressionnante série des portraits «grandi delli Ill.i SS. Castromediano primogeniti e loro mogli dopo venuti in regno di Napoli dell'anno 1156 sino ad hoggi».

  • G. Labrot, Études napolitaines. Villages, palais, collections XVI-XVIII siècles, Champ Vallon, Seyssel 1993, pp. 203-204.

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